Au début du mois de février, le club des hôteliers du Saumurois a organisé une conférence à destination des professionnels du tourisme autour de la thématique : « Comment faire d’une stratégie touristique un levier de développement économique ? ». Les hôteliers avaient, pour l’occasion, invité le spécialiste de la question Didier Arino, directeur général ProTourisme et habitué des plateaux télé et radios. Le club des hôteliers a tout d’abord dressé un constat, le taux d’occupation moyen des hôtels de l’agglomération saumuroise a été de 56,12 % en 2025 avec seulement 5 mois au-dessus de 60%. Il dépeint ainsi « un marché à forte saisonnalité » avec « une haute saison loin de la saturation (record 79 % en juin 2019), une faible dynamique et une clientèle très majoritairement touristique (75 %) ».
Une image de marque peu valorisée
Benoit de Courcy, président du club et propriétaire du domaine de Mestré à Fontevraud explique que « le Saumurois est une zone de passage, une halte, entre le nord et le sud avec des Britanniques qui vont en Espagne ou dans le Périgord et s’y arrêtent durant l’été, et l’est et l’ouest avec la Loire à Vélo et les châteaux de la Loire. Nous avons longtemps réfléchi à la question de devenir une destination touristique. Cela demande plusieurs choses, soit un élément attractif fort qui fait rester les personnes comme la mer ou la montagne. Ce que nous n’avons indéniablement pas. Soit une très forte densité de l’offre touristique. Si l’offre événementielle est dense entre la mi-avril et la fin octobre, elle est souvent concentrée sur un week-end et nécessite donc beaucoup d’énergie et d’argent sur un laps de temps très court. L’idée est donc de travailler un événementiel ayant une certaine récurrence et de le placer sur une période de basse-saison. Dans un rayon d’une heure et demie autour de Saumur, on trouve les Machines de l’Ile à Nantes, le Puy-du-Fou, le Futuroscope, le circuit du Mans pour les amateurs et tout le patrimoine ligérien (Azay-le-Rideau, Chenonceaux…). Le Saumurois est donc une zone de villégiature intéressante, mais tout cela n’est pas directement présent sur notre territoire ». En effet, en dehors d’un tourisme orienté nature, de l’oenotourisme et du Bioparc, le territoire ne dispose pas réellement de sites phares. Pour autant, Saumur a la chance d’être « une véritable marque et une signature à l’international grâce au vin et au Cadre noir », ajoute François Chovet, propriétaire de l’hôtel Le Londres à Saumur. Il regrette que les pouvoirs publics et l’agence du tourisme ne soient pas parvenus encore à « associer une image à Saumur ». Selon lui : « on veut associer tout ce que l’on propose (cheval, vin, patrimoine, vélo….) mais cela ne fait que diluer les choses et ce n’est pas lisible ».
Un pôle réceptif pour répondre à différents usages
Souhaitant aller au-delà de l’apitoiement sur ces chiffres perfectibles, les hôteliers ont décidé de prendre le problème à bras-le-corps et de se montrer proactifs. Ils ont alors fait 4 propositions autour de 2 tourismes différents et complémentaires : le tourisme d’affaire et le tourisme d’agrément. Leurs axes de travail : « Développer une offre événementielle tout au long de l’année ; Travailler les 5 sens au service de l’expérience client ; Renforcer le récit de destination ; Renforcer la diversification des offres toutes saisons ». Parmi leurs propositions, le club hôtelier souhaite voir émerger la création d’un Pôle Réceptif. Ils l’imaginent installé au niveau du Chardonnet, aux abords de la grande carrière, au centre d’une dynamique Breil – Casino, à proximité directe de la Rocade. Ce Pôle pourrait être constitué : D’un amphithéâtre de grande qualité et doté des dernières technologies de 250 places ; D’un amphithéâtre de plus petite capacité (50 places) ; De 2 ou 3 salles de sous-commissions ; D’un très grand espace réceptif au dernier niveau avec vue sur le château, sur le bâtiment principal des EMS et, bien sûr, sur la carrière équestre du Chardonnet ; Du transfert du Musée du Cheval au rez de chaussée. « L’idée est d’avoir un lieu hybride utilisable toute l’année (tourisme d’affaire, culturel, muséographie, mise en valeur de compétition équestres, présentation de films durant le Carrousel, séminaires…) adapté à différents publics. Un outil différenciant dans un endroit central, proche des restaurants, commerces, hôtels, activités, service et pertinent avec une vue sur le château, sur l’église Saint-Pierre, sur la Loire et sur les écoles militaires. Une véritable carte postale de notre territoire », commente François Chovet.
Repenser le château de Saumur comme lieu emblématique
Le club des hôteliers du Saumurois estime ainsi qu’il manque aujourd’hui à Saumur un élément structurant comme celui-ci. Un virage que n’a pas su prendre la ville avec le château notamment. « Aujourd’hui, le château de Saumur n’est pas digne, si à la hauteur du territoire. Il est pour nous difficile à recommander à nos clients qui sont généralement très déçus. En 2014, le château était présenté dans le guide du Routard comme un lieu avec une programmation « époustouflante ». Il faut dire qu’il y avait alors une certaine récurrence. Actuellement, nous sommes dans one shot constant et cela nous ne pouvons le valoriser, le programmer et le recommander en tant que professionnels du tourisme », estiment les hôteliers. Si pour le moment le club n’a pas défini de portage administratif ni financier pour ce projet, ils lancent (à quelques semaines des municipales) une bouteille à la mer pour que chacun se saisisse de la question épineuse du tourisme, élément central dans la dynamique économique du Saumurois. « On se targue d’être la première destination des Pays de la Loire dans les terres et d’être le territoire le plus touristique de Maine-et-Loire, mais partout autour de nous, les territoires voisins en engagés une véritable politique en matière d’attractivité touristique (d’affaire et d’agrément). Il ne faudrait pas se reposer sur ses acquis et louper le coche en se faisant dépasser. D’autant que tous ces projets, on le sait, on une certaine inertie. Or, nous n’avons pas le temps, c’est aujourd’hui qu’il faut enclencher la démarche », concluent-ils. Le club voudrait ainsi lancer un groupe de travail sur le château de Saumur. L’objectif de ce groupe de travail doit répondre aux attentes suivantes : Comment faire en sorte que le château joue son rôle de locomotive pour le territoire en devenant le premier site visité avec 300,000 visiteurs par an ? Quel projet pour la partie extérieure ? Quel projet pour la partie intérieure ? Quel rôle événementiel tout au long de l’année ? Penser de nouveaux outils de médiation vecteur d’expériences : la gamification, les visites virtuelles, la réalité augmentée, les applications numériques, la technologie du son et de la lumière… La mise en place d’une animation le long du mur d’enceinte comme un mur d’escalade, une tyrolienne, des toboggans… pilotés par une structure privée à l’image du toboggan au château Anne de Bretagne à Nantes. Les pistes sont nombreuses pour redynamiser ce site de premier plan et lui redonner l’aura qu’il mérite.
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