La chapelle royale Notre-Dame des Ardilliers constitue un élément important du patrimoine saumurois. Classé Monument historique depuis 1906, l’édifice nécessite une attention particulière pour assurer sa conservation et préserver ses caractéristiques architecturales. Les diagnostics réalisés en 2017 ont permis d’identifier plusieurs désordres affectant le bâtiment. Les infiltrations d’eau, l’humidité, la dégradation de certaines pierres et les altérations des structures en bois et des ouvrages métalliques rendaient nécessaires des interventions approfondies. Certaines réparations anciennes au ciment avaient également fragilisé les maçonneries et les pierres de tuffeau. Autorisés en 2021, les travaux ont débuté en septembre 2022. « L’objectif était de restaurer durablement les différentes parties de l’édifice, depuis les couvertures et les charpentes jusqu’aux éléments décoratifs, tout en améliorant l’évacuation des eaux pluviales et en limitant les remontées d’humidité. Cette opération s’inscrit dans une démarche de conservation du patrimoine, mais aussi de maintien des usages de la chapelle, qui continue d’accueillir les célébrations du samedi matin et les visiteurs tout au long de l’année. Il est essentiel de préserver ces monuments, qui ne sont jamais figés dans le temps, et qui sont témoins de multiples histoires », a souligné Ibrahim Chenouf, conseiller municipal en charge des monuments historiques.
Des interventions sur les couvertures, les maçonneries et les éléments décoratifs
La campagne de restauration a porté sur plusieurs composantes essentielles de la chapelle. Les travaux de couverture ont notamment concerné les parties basses de l’édifice. L’ardoise, peu adaptée aux faibles pentes de certains secteurs, a été remplacée par des tables de plomb. Les ouvrages en plomb conservés ont été nettoyés et révisés, tandis que le chapiteau en plomb manquant du lanternon a été restitué à l’identique. Les dispositifs d’évacuation des eaux pluviales ont également été entièrement repris, avec notamment la mise en place de nouvelles gouttières en cuivre. Les charpentes et les structures en bois ont été restaurées, et les balustres les plus exposés aux intempéries ont été remplacés par des éléments plus résistants. Les interventions ont aussi concerné les maçonneries et les pierres de taille. Les parements dégradés ont été remplacés à l’identique et les joints détériorés repris au mortier de chaux, plus adapté à la nature des matériaux anciens. Les sculptures et les éléments décoratifs, notamment les pots à feu et les pinacles, ont été nettoyés, consolidés ou restaurés. Un pot à feu disparu a également été restitué. Les bétons du lanternon ont, quant à eux, été nettoyés et réparés, tandis que les armatures métalliques corrodées ont été traitées. La lutte contre l’humidité a constitué un autre volet important du chantier. Un drain ventilé a été aménagé au pied de l’édifice afin de limiter les remontées capillaires. Une galerie enterrée et ventilée permet désormais d’évacuer les eaux vers le réseau communal. À l’intérieur, un joint creux rempli de gravillons favorise la respiration du pied des murs et l’évaporation de l’humidité. Les vitraux de la rotonde et des chapelles latérales, réalisés par Max Ingrand lors de la reconstruction de la chapelle après-guerre, ont également fait l’objet d’interventions. Leurs armatures ont été décapées, traitées contre la corrosion puis repeintes. Les verres cassés ont été remplacés et remis en plomb. Des bavettes en plomb ont en outre été ajoutées afin de protéger les appuis des baies et d’évacuer les eaux de condensation. Enfin, les ouvrages métalliques ont été restaurés et sécurisés. Les tirants des combles ont été décapés, traités contre la corrosion, repeints puis remis en tension. Les passerelles, garde-corps et accès aux combles ont été sécurisés ou mis aux normes. Des protections grillagées et un dispositif anti-pigeons ont également été installés pour limiter les dégradations provoquées par les volatiles. Des interventions ont par ailleurs été menées sur les installations électriques et la protection contre la foudre.
Un chantier prolongé par plusieurs imprévus, pour un coût de 2,24 millions d’euros
Engagé en septembre 2022, le chantier a nécessité plusieurs adaptations en cours d’opération. Des départs de feu au niveau des balustres du lanternon, un incendie et des actes de vandalisme sur la porte principale ont notamment compliqué le déroulement des travaux. La découverte de dégradations importantes sur certaines structures en bois, sur le support de la croix et sur la maçonnerie de la tourelle a également imposé des interventions complémentaires. D’autres désordres, notamment sur le chéneau du dôme, ont conduit à adapter le programme initial de restauration. Ces différents aléas ont contribué à prolonger le calendrier du chantier, dont la réception est intervenue le 30 juin 2026. Le montant total des travaux et des études est estimé à environ 2,24 millions d’euros TTC. L’opération a bénéficié de deux subventions publiques : 486 631 euros de la Direction régionale des affaires culturelles (DRAC) des Pays de la Loire et 300 000 euros de la Région Pays de la Loire. « Il s’agit d’un dossier qui a été long et qui a parfois amené des discussions houleuses. Le chantier devait initialement coûter 1.2 million d’euros et finalement cela a représenté une enveloppe d’un million supplémentaires. Il y a certes eu des découvertes en cours de route nécessitant une réévaluation du chantier et des travaux, et il est toujours compliqué de restaurer du patrimoine, mais je pense aussi que nous avons été trop longs sur certains sujets », a indiqué le maire de Saumur, Jackie Goulet-Claisse. L’édile ciblant notamment le coût faramineux de l’imposant échafaudage qui a finalement coûté quelque 600 000 euros sur le budget total. La réception du chantier marque l’achèvement de cette nouvelle campagne de restauration et une étape importante pour la préservation de la chapelle royale Notre-Dame des Ardilliers. D’autres travaux seront envisagés dans le courant du mandat, en 2029/2030 – « si nous n’avons pas d’autres aléas au vu des changements rapides de notre société » a commenté le maire – avec un budget fléché de 1.2 million d’euros. En effet, si ce chantier a permis de sécuriser le site, les Ardilliers nécessitent encore de nombreux travaux. Quoi qu’il en soit, l’édifice conserve ainsi sa vocation patrimoniale et religieuse, tout en restant accessible aux visiteurs 365 jours par an.
Sur le même sujet :
– Saumur. L’église Notre-Dame-des-Ardilliers a vu sa porte détruite par un incendie
– Saumur. Une croix redorée remonte au sommet de l’église des Ardilliers
– Saumur. Le chantier de la chapelle Notre-Dame des Ardilliers va prendre un an de retard
– Et pour en savoir plus sur l’histoire du monument, retrouvez le Focus, édité par le Service Ville d’Art et d’Histoire : https://www.ville-saumur.fr/images/pages/2019/touriste/VAH/ARDILLIERS_BD.pdf.
S'inscrire gratuitement à la newsletter
Nous contacter
Lettre d'infos
écrire
communiquer Copyright © IGNIS Communication Tous droits réservés
