Au détour d’une ruelle de Chaintre, les visiteurs ont eu tout le loisir de découvrir ce joyau du patrimoine architectural Saumurois. Le château de l’Oratoire est une vaste demeure du XVIIIe siècle composée d’un corps central et deux ailes, le tout achevé en 1717. Sa jolie chapelle consacrée en 1729 se situe à gauche du bâtiment principal. Cet édifice fut construit pour les Oratoriens fraîchement installés à Saumur de par la volonté de Louis XIV. Ceux-ci acquièrent alors toutes les terres et seigneuries de Chaintres et pressent les raisins des vignes environnantes. En 1740, ils cèdent la propriété qui finalement devient le bien de l’Intendant des Armées du Roi Louis XV, Joseph-François Foullon, qui ayant rang de ministre, accueillera à Saumur le corps royal des Carabiniers de Monsieur, corps d’élite qui va servir de base à l’Ecole de Cavalerie.
Après la Révolution
Les années passent et la Révolution française fait son œuvre en confisquant les biens des Oratoriens ainsi que les propriétés des Foullon. Le destin du manoir de l’Oratoire n’est cependant pas terminé puisqu’en 1805 un général d’Empire vient s’y établir : François Bontemps, un Saumurois célèbre qui viendra chaque matin faire ses prières dans la Chapelle de la propriété. Il est d’ailleurs inhumé au cimetière de Varrains. Puis le bien passera de main en main jusqu’à appartenir à la célèbre famille Saumuroise Budan qui le conservera près d’un siècle. D’autres personnes ont ajouté leur nom à la liste des possesseurs du lieu.
Du Clos de l’Oratoire…
En 1951 l’Oratoire est acquis par la famille Garçon. Joseph Garçon rêvait de devenir vigneron et séduit par le domaine s’y installe avec sa famille. Devenu veuf très vite, il se consacrera au développement des activités viticoles et fera prospérer les vignes avec une appellation contrôlée : « Rosé de cabernet, Clos de l’Oratoire ». Ses enfants Claude et son épouse Marie-Louise s’y installent en 1980 avec leurs 6 enfants qui sont aujourd’hui propriétaires du château et du domaine.
… à aujourd’hui
Claude et Marie-Louise ont à cœur d’entretenir les pierres et les vitraux afin de préserver ce patrimoine qui demande attention et contribution financière. En effet, pour faire vivre ces bâtis et ces parcs, les détenteurs de patrimoine sont souvent contraints de s’acquitter de fortes sommes pour financer les travaux sans beaucoup de subventions. « S’acquitter des frais, ce n’est pas du gâteau ! » disent-ils en cœur. Des pierres qui entourent les fenêtres au coup de vent qui fait claquer une porte au vitrail trop fragile, restaurer une vieille demeure c’est renoncer à beaucoup de choses pour garder vivant ce patrimoine admiré de tous. Les 6 propriétaires actuels ont décidé de le conserver et le restaurer en hommage à leurs parents qui ont vécu cette aventure avant eux. Bon sang ne saurait mentir.
Cécile Bodeven
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