Ce mardi 6 octobre 2026, un nouvel acte est organisé à travers la France dans le cadre de la mobilisation et la contestation lycéenne. Depuis le début du mois, les étudiants dénoncent en effet les conditions d’apprentissage (établissements et classe dans un mauvais état, non remplacement des professeurs absents, classes surchargées, amplitude horaire trop importante) qui s’additionnent à d’autres revendication (dénonciation du dispositif Parcoursup, suppression des APL pour les jeunes et fin du repas du CROUS à 1 euro pour les étudiants)*. Toutefois, ce mardi, les lycéens ne sont pas seuls à dénoncer ces conditions dégradées. En effet, à Saumur, le collectif « profs du Lycée Duplessis Mornay » exprime son « soutien total » au mouvement lycéen actuel. « Nous saluons l’engagement pacifique et responsable de la très grande majorité des lycéens, tout en déplorant les actes de dégradation qui nuisent à la portée de leurs revendications. Pour ne pas laisser nos élèves seuls face à ces enjeux, nous serons à leurs côtés ce mardi 6 octobre dès 7h30. Les revendications portées par les élèves sont légitimes et rejoignent nos propres combats face aux défaillances structurelles de l’Éducation nationale« , estiment les professeurs saumurois. Ils détaille notamment la pénurie de moyens humains avec des « suppressions continues de postes d’enseignants, d’AESH, de personnels de vie scolaire, de santé et de suivi social. » Ils estiment également que les conditions d’étude sont dégradées avec des « classes surchargées malgré la baisse démographique », et des emplois du temps « désorganisés depuis la réforme de 2018. » Par ailleurs, les enseignants déplorent des « bâtiments vétustes face aux enjeux climatiques », regrettent un « sous-financement de la culture » et un manque de « prise en charge du stress lié à l’orientation post-bac ». Enfin, les professeurs concluent : « Une grande majorité d’entre nous refuse le passage au distanciel, une mesure qui affaiblit la mobilisation et creuse davantage les inégalités. »

Des lycéens dans la rue
À noter qu’élèves et professeurs sont également mobilisés au lycée Sadi-Carnot Jean-Bertin à Saumur, dénonçant les mêmes conditions. Dans la matinée de ce mardi, des lycéens ont décidé de quitter leur établissement afin de manifester dans les rues du centre-ville, en direction de la sous-préfecture. Les lycéens ont demandé à être reçus afin d’exprimer leurs revendications. La sous-préfète, Louise Brun, a décidé de recevoir une petite délégation de lycéens. Youness Hermès, élève de seconde au lycée Duplessis-Mornay, faisait partie des trois élèves reçus par la sous-préfète. Il explique : « Nous avons pu discuter longuement avec elle pour lui présenter les différentes problématiques et nos revendications. Elle a pris des notes et a assuré qu’elle les communiquerait à la Région ainsi qu’au ministère. L’objectif, maintenant, est que chaque lycée puisse faire remonter ses observations de cette façon. Nous espérons fortement une réponse. »
Des conditions d’apprentissage difficiles
Avec son camarade Jahid M’Hamssa, élève de terminale en bac pro commerce au lycée Carnot-Bertin, ils décrivent des conditions d’apprentissage similaires dans ces deux lycées saumurois. « Si nous sommes aujourd’hui dans la rue, c’est pour demander de meilleures conditions d’éducation pour les élèves et les professeurs. Nous avons, à Duplessis-Mornay, de la moisissure sur les vitres des classes. Nous faisons cours dans des salles au 3e étage où il fait plus de 45 degrés en été et qui sont inondées l’hiver », explique Youness. Des conditions que retrouve également Jahid, notamment au sein de l’internat où il est hébergé : « L’internat est très mal isolé, avec un chauffage qui ne fonctionne pas l’hiver et des températures trop élevées l’été. Nous avons dû dormir dans le couloir l’été dernier. » Les deux lycéens déplorent également des effectifs trop importants, de « 35 à 36 élèves par classe », ainsi que des professeurs non remplacés : « Cela fait deux mois que nous n’avons pas de professeur de français, alors qu’il y a le bac à la fin de l’année. Il n’y a pas non plus de professeur de philosophie. »

Un rythme éreintant
Par ailleurs, les lycéens estiment que le rythme très intense de cette période de leur vie n’est pas compatible avec de bonnes conditions d’apprentissage. « Les cours s’étalent de 8 heures à 18 heures, sans parler des temps de trajet en bus et des devoirs. Cela fait des journées extrêmement chargées. On s’endort en cours. Nous nous inquiétons pour la santé mentale des jeunes, dont certains développent des phobies scolaires. On reproche souvent que le niveau baisse en France et, pour y remédier, on veut nous rajouter des cours. Mais cela n’est pas la solution. Nous n’arrivons déjà pas à tout assimiler ! », expliquent-ils. Et d’ajouter : « Le gouvernement insiste sur l’importance de pratiquer des activités extrascolaires, mais entre les cours et les devoirs, nous n’avons pas le temps. » Un rythme effréné pour ces jeunes qui n’ont guère le temps de souffler le midi : « Nous avons une heure et demie de pause le midi, mais il faut compter une heure de queue pour passer le portique. Cela nous laisse donc 30 minutes pour manger avant de repartir en cours », explique Jahid.
Un mouvement pacifique et non politique pour se faire entendre
Les deux lycéens concluent de concert : « Nous tenons également à indiquer que nous ne cautionnons aucunement les actes de violence et de vandalisme commis durant les blocages et les manifestations, souvent en marge et réalisés par des personnes extérieures aux lycées. Nous prônons un mouvement pacifique et non politique, avec la seule idée de nous faire entendre ! »
*Relire notre article : Saumur. Ces lycéens veulent faire entendre leurs revendications, au-delà des violences et dégradations
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