Ce jeudi 1er février 2024, les élus de l’agglomération Saumur Val de Loire étaient réunis à l’occasion d’un conseil communautaire. Si l’ordre du jour, très administratif, n’était pas chargé, un point était malgré tout attendu. Le président Goulet y a en effet présenté le rapport de la Chambre Régional des Compte qui a réalisé un contrôle de la collectivité depuis décembre 2022 jusqu’en juin 2023, sur la période 2017-2023. A noter que des contrôles ont été effectués sur la même période à la ville de Saumur et Saumur-Habitat. Toutefois, « pas grand-chose à se mettre sous la dent » comme l’a fait remarquer Bernard Henry, pourtant élu d’opposition à la ville de Saumur. Le rapport (voir le document complet ici) dresse en effet assez peu de critiques, mais davantage de recommandations quant à la gestion de la collectivité. Globalement, l’équilibre budgétaire et l’endettement y sont présentés comme sains. Quelques points viennent toutefois, si ce n’est noircir, au moins griser le tableau. « La Chambre Régionale des comptes invite à un contrôle plus fort des Sociétés Publiques Locales (SPL) et de la SémA-E (en charge des déchets des professionnels) », a indiqué le président. Si les résultats financiers et la gestion sont satisfaisants pour les SPL Agglopropreté et Agglobus, une vigilance doit être portée selon la CRC sur la SPL Saumur Val de Loire Tourisme. « Nous devons avoir un contrôle plus fort et c’est pourquoi j’ai demandé à ce qu’une lettre de mission soit rédigée pour afficher clairement les objectifs. Nous devons plus vigilants et cela devra être le cas pour les futures SPL de Verrie et de la cuisine centrale », poursuit Jackie Goulet.
Une gestion peu transparente
L’un des chapitres de ce rapport est consacré à « une gestion peu transparente à professionnaliser », une dénomination « un peu vexatoire », pour le président de l’agglo. La Chambre reproche une information aux élus et aux citoyens, insuffisante. Une remarque appuyée par Bertrand Chandouineau qui regrette le « manque d’informations stratégiques dans les conseils et les commissions » et assurant que « cela est une volonté politique de votre part que de ne pas dévoiler les détails des grands projets ». Pour Jackie Goulet, « il semblerait que l’on ne donne pas assez de documents et d’informations détaillées, notamment lors du budget. Je reconnais la chose puisque nous avions décidé de résumer les choses pour les rendre plus digestes et compréhensibles pour tout le monde et ne pas se noyer dans des documents très lourds et administratifs. J’estime aussi que les informations sont dites et redites lors de chaque commission et durant les conseils. Toutefois, nous suivrons les recommandations et donnerons plus de détails et de documents. Aussi, nous présenterons plus précisément les grands projets comme la médiathèque, la cuisine… »
Le couteau suisse du président
Autre point relevé par la Chambre Régionale des Comptes, à savoir le fait que le directeur de cabinet et le directeur de la communication ne soit qu’une seule et même personne, en l’occurrence Lambert Creuxlebois. « C’est le cas dans 80% des collectivités où ces postes sont occupés par la même personne. Soit tous ont tort, soit la loi est mal adapté », estime Jackie Goulet, qui ne compte pas changer de fonctionnement pour autant et conserver son bras droit quoi qu’il arrive. « Nous avons la chance d’avoir un homme très efficace qui fait le travail de quatre en tant que directeur de la communication à l’agglo et à la ville, directeur de cabinet, directeur du château et en charge des affaires équestres. S’il fallait payer des cadres différents pour tous ces postes cela nous coûterait cher ! », lance Bernard Henry. Pour Guy Bertin « cela fait peut-être beaucoup pour un seul homme », se questionnant également sur le fait de savoir « si la répartition est bel et bien à 50/50 entre la ville et l’agglomération ». Pour Bertrand Chandouineau cela pose question notamment sur le fait qu’un poste « politique se mêle à celui d’un fonctionnaire ». Et de rappeler : « le 30 juillet 2020 en conseil communautaire, nous avons dû voter pour la création du poste de chef de cabinet. La moitié s’y était opposée et cela était passé de justesse. » Jackie Goulet assure de son côté que « ce n’était pas le fait d’avoir la même personne sur les deux postes qui posait problème à l’époque, mais simplement un manque d’habitude que le président fonctionne avec un chef de cabinet. Je souhaitais toutefois imposer mon style et cela faisait partie du « package » ».
Sécurité informatique
Enfin, dernière recommandation du rapporteur concernant la sécurité informatique. Le contrôle estime que la cyberattaque a été révélatrice de nombreux défauts de sécurité et de formation des agents. « Je considère que l’informatique est un sujet qui n’est pas si familier que ça pour les élus. C’est un de ces rares moments où ils s’en remettent pleinement à l’administration. Nous ne sommes pas des spécialistes. Je trouve l’attaque un peu basse. On aurait certes pu mieux faire, mais cela aurait pu arriver malgré tout et cela est arrivé à bien des collectivités et entreprises, bien mieux armées », témoigne le président. Pour Bertrand Chandouineau en revanche, « ce n’est pas forcément un problème de compétence, mais de volonté. Vous n’avez pas eu à cœur de vous inquiéter de la sécurité, notamment informatique, en début de mandat alors que bien des collectivités avaient été attaquées. » Toutefois, Jackie Goulet rétorque : « Je suis arrivé en tant que président le 17 juillet 2020. Avant la fin de cette même année, j’ai signé une commande pour faire un audit de notre système informatique et sa sécurité. Vous ne pouvez pas me reprocher de ne pas avoir pris cela en compte ! ».
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