Saumurois. Un champion olympique de canoë à la découverte d’un Thouet plus naturel

En début de semaine, le champion olympique de canoë slalom Nicolas Gestin était en Saumurois pour découvrir et soutenir les travaux de renaturation du Thouet engagé par la communauté d'agglomération Saumur Val de Loire.
David Laurendeau et Nicolas Gestin.

La Communauté d’Agglomération Saumur Val de Loire a mené des travaux de restauration morphologique sur différents cours d’eau du territoire, dont le Thouet, sur les communes de Montreuil-Bellay, Saint-Just-sur-Dive et Le Coudray-Macouard. « Dès 2009, l’agglomération a dressé un état des lieux de l’état du Thouet et de la qualité des eaux. Nous avions des plans d’eau stagnante avec 2m d’eau, envahis de lentilles et de plantes exotiques avec une forte mortalité de poissons. En 2012, la collectivité a enclenché une réflexion sur le devenir de la rivière et sur ses infrastructures. Ainsi, sur les 9 barrages présents sur le territoire, 3 ont été supprimés, 4 ont été abaissés et 2 ont été conservés », explique David Laurendeau, technicien rivière et biodiversité de la Communauté d’agglomération Saumur Val de Loire. Il ne s’agissait cependant pas uniquement de détruire quelques barrages pour redonner au Thouet son fil naturel. « Sur le Thouet, les travaux ont consisté à réintroduire des pierres, cailloux et matériaux alluvionnaires sur des secteurs où la rivière avait tendance à accumuler des dépôts. Ces interventions visent à recréer des zones d’eaux peu profondes et courantes, aujourd’hui disparues. Des arbres ont également été repositionnés dans le lit du cours d’eau afin de diversifier les habitats et de favoriser le bon fonctionnement écologique de la rivière. Finalement, on est venu recréer le profil naturel du cours d’eau en étudiant les zones de dépôt de sédiments et autres et en accélérant le travail de la nature pour améliorer la qualité de l’eau le plus rapidement possible sans avoir à attendre des décennies », explique le technicien. À l’état naturel, une rivière présente une grande diversité de formes et d’habitats : eaux rapides ou calmes, zones profondes ou peu profondes, berges variées. Cette diversité est essentielle pour accueillir de nombreuses espèces. Les zones d’eaux courantes, mieux oxygénées, offrent notamment des refuges importants lors des périodes de fortes chaleurs. La végétation des berges et les éléments présents dans l’eau (racines, branches, arbres) servent de nourriture, d’abris et de zones de développement pour la faune et la flore.

Un champion olympique à la découverte du Thouet

ThouetCes travaux se déroulent depuis quelques années déjà selon un programme pluriannuel. Le montant total de l’opération réalisée sur le Thouet ces derniers mois s’élève à près de 505 000 € TTC (travaux + maîtrise d’œuvre). Ces dépenses sont financées à 50 % par l’Agence de l’Eau Loire-Bretagne, 30 % par la Région Pays de la Loire, 10 % par le fonds MAIF pour le Vivant – Nature 2050, 10 % par la Communauté d’Agglomération Saumur Val de Loire. Le Fonds MAIF pour le vivant finance, sous forme d’un appel à projets, des projets qui protègent ou régénèrent la biodiversité, sans recherche de rendement. Par ailleurs, dans le cadre de son programme « Les 4 saisons MAIF Sport Planète », et plus spécifiquement de la saison été consacrée à la préservation des cours d’eau, MAIF a souhaité mettre en lumière cet exemple concret de solution fondée sur la nature. Ainsi, ce 29 juin, le champion olympique de canoë slalom Nicolas Gestin, également médiateur du mouvement MAIF Sport Planète, a été à la découverte des aménagements réalisés afin de mieux comprendre leurs bienfaits et leurs bénéfices pour la biodiversité, la qualité de l’eau et les activités pratiquées sur le cours d’eau.

Faire évoluer les usages

Pour le sportif de haut niveau, « les pratiques sportives et de loisirs voient elles aussi prendre un nouveau tournant et s’adapter. » Il ajoute : « Nous avons été habitués à pratiquer dans des stades d’eau vive artificiels souvent très consommateurs en énergie. Notre sport, le canoë kayak, doit s’adapter et abandonner ces stades pour retourner en milieu naturel. Cela devra passer par une évolution de la pratique, mais aussi par un changement des calendriers de compétition avec peut-être des dates plus flexibles fixées en fonction des conditions météorologiques et du niveau des rivières ». L’objectif de Nicolas Gestin est aujourd’hui de soutenir et de s’appuyer sur ces expérimentations et réalisations pour influencer les choix de sa fédération. « Je crois sincèrement que l’on peut aujourd’hui concilier tous les usages avec des aménagements bénéfiques pour la biodiversité », ajoute-t-il. Pour lui, « les professionnels comme nous, mais aussi et surtout les clubs de loisirs locaux, ont un rôle à jouer pour sensibiliser les pratiquants en la matière et pour aller vers un sport éco-responsable. »

 

 

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