L’ancienne secrétaire de mairie de Vernantes a demandé au tribunal administratif de Nantes, ce jeudi 2 avril 2026, de condamner la commune à lui verser « 300.000 € » d’indemnités suite à son départ de la collectivité. Pour rappel, Marie-Laure Frémont est l’épouse de Thierry Frémont, qui avait démissionné de son mandat de conseiller municipal en 2021 notamment à cause de cette affaire. Recrutée en 1993, elle avait fait un premier « burn-out pendant huit mois » en 2018 en lien avec la « dégradation de ses conditions de travail », a retracé son avocate. Mais une « nouvelle dégradation » de la situation l’avait conduite à se mettre « en disponibilité » en 2020 : elle réfléchissait à « créer une entreprise artisanale en auto-entrepreneuriat », a-t-il été dit. Son avocate lui avait « déconseillé » de venir ce jeudi 2 avril 2026 au tribunal administratif de Nantes après avoir pris connaissance des conclusions défavorables de la rapporteuse publique, dont les avis sont souvent suivis par les juges : l’état de santé de sa cliente est en effet « toujours compliqué » à ce jour alors qu’elle avait introduit sa requête « en 2022 ». Me Sandrine Taugourdeau maintient pour sa part que le « lien » entre la « dégradation lente des conditions de travail » de cette secrétaire de mairie « progressivement surchargée de travail » et son « burn-out » est « établi » par les pièces du dossier. « Jusqu’en 2014, tout allait bien pour elle : il n’y avait pas d’état anxio-dépressif », en veut-elle pour preuve. « Quand on donne des tâches et des tâches, c’est du harcèlement, il faut appeler un chat, un chat ! ». L’avocate a ainsi collecté des « témoignages d’élus » comme celui de Gisèle Deschamps, adjointe au maire de Vernantes en charge des affaires scolaires pendant douze ans : elle s’est « même excusée » au nom des conseillers municipaux de « ne pas avoir été assez vigilants » sur l’absence de « remplaçant ». « La pression a eu raison de sa santé« , avait regretté l’élue.
« Le calme le plus absolu au niveau professionnel »
« La situation a même été évoquée en conseil municipal : sa faute, c’est d’avoir voulu faire, encore et encore », a résumé Me Sandrine Taugourdeau. « Mais ce n’est pas à elle d’être punie pour avoir fait son travail : dans cette mairie, la surcharge de travail était structurelle. » Sa cliente « remplissait les missions » d’une directrice générale des services (DGS), de son point de vue : ce « vrai couteau suisse » selon les élus gérait « les appels d’offres », « l’accueil physique » des administrés à la mairie ou « les déclarations de sinistres » des bâtiments communaux. Les « conséquences » en ont été « dramatiques sur son état de santé » : cette femme qui « adorait son travail » s’est mise à « broyer du noir » et avoir des « idées suicidaires ». « Elle n’a pas compris que sa [mise en] disponibilité allait la priver de ses indemnités de rupture conventionnelle », a expliqué l’avocate de la secrétaire de mairie. « Elle a tout perdu, dans l’histoire », a donc résumé Me Sandrine Taugourdeau. « Elle essaie de se reconstruire, tant bien que mal, mais c’est difficile : elle est toujours en difficulté pour les gestes du quotidien, et c’est le calme le plus absolu au niveau professionnel. » « Mme Frémont était une agent très appréciée pour son sérieux et son implication », a commencé par reconnaître l’avocate de la « petite commune de 3.500 habitants » de Vernantes devant les juges nantais. « Malheureusement, nous ne sommes pas parvenus à un accord dans le cadre de la médiation. Or Mme Frémont a bien eu l’occasion de réfléchir à ce qu’elle faisait : elle a été assistée et conseillée par un défenseur syndical et par son mari, et ses amis étaient membres eux aussi du conseil municipal. » Surtout « plus de deux ans se sont écoulés » entre son arrêt-maladie et sa demande indemnitaire. Or, sur les 300.000 € que l’ancienne secrétaire de mairie de Vernantes réclame, 270.000 € le sont pour sa « perte de revenus », ce qui est « sans lien » avec ses conditions de travail passées à la mairie, juge l’avocate de la collectivité. Le tribunal administratif de Nantes, qui a mis son jugement en délibéré, rendra son jugement dans les prochaines semaines.
Avec PressPepper
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