Verrie. Un projet d’élevage de plus de 500 veaux fait débattre les élus de Saumur

Mardi dernier, les élus du conseil municipal de la ville de Saumur ont été amenés à se prononcer sur un projet d’élevage de 560 veaux sur la commune voisine de Verrie. Un projet qui a occasionné des débats face à deux visions de société et d’agriculture.
©AFP

La société Du Moyer a déposé auprès des services de l’État une demande d’autorisation d’exploiter un élevage de veaux de boucherie au lieu-dit « Le Moyer » sur la commune de Verrie. Le projet consiste en la création d’un site d’élevage comprenant un bâtiment constitué de quatre modules permettant l’accueil simultané de 560 veaux de boucherie. Les animaux seront élevés intégralement en bâtiment sur caillebotis, avec collecte des déjections sous forme de lisier. L’élevage fonctionnera sans pâturage, ni parcours extérieur pour les animaux. Les veaux seront hébergés dans des bâtiments à ventilation dynamique et alimentés par des produits à base de lait, de granulés et de fibres végétales. Le projet prévoit également la réalisation d’une fosse extérieure de stockage des effluents d’une capacité utile de 1 300 m3 ainsi que les équipements annexes nécessaires au fonctionnement de l’exploitation. Les effluents d’élevage produits par l’installation seront valorisés par épandage sur des terres agricoles situées notamment sur les communes de Verrie (60%), Gennes-Val-de-Loire (14%), Doué-en-Anjou (2%) et Saumur (24%). Ce projet donne lieu du 23 juin au 21 juillet 2026 à une consultation du public à la mairie de Verrie.

Des débats au sein du Conseil municipal saumurois

Les limites communales de Saumur se trouvant à moins d’un kilomètre de l’exploitation, le Conseil Municipal de Saumur a également été invité, par le Préfet de Maine-et-Loire, à rendre un avis sur cette demande d’autorisation d’exploiter. Ce que les élus saumurois ont fait ce mardi 30 juin 2026. Après présentation du projet par le maire, Jackie Goulet-Claisse, le sujet a amené des débats au sein du conseil. Jean-Paul Quillet, qui a précisé n’être « ni végétarien, ni vegan », mais « mangeur de viande française » a déploré « des animaux qui vont vivre leur courte vie dans des espaces confinés qu’ils ne quitteront que pour aller à l’abattoir ». Mais aussi de « forts risques de contaminations » du fait de promiscuité et une grande utilisation « d’antibiotiques et anti-inflammatoires » que l’on retrouvera dans le lisier épandu pouvant ainsi contribuer à la « pollution de nos terres et nappes phréatiques ». Christophe Cardet a lui aussi déploré ce fonctionnement « industriel » plus que d’avenir et très éloigné de la politique de la ville de Saumur qui prône « une qualité de vie et une alimentation saine dans les écoles ». L’opposante Anne-Laure Blin a quant à elle déclaré : « On comprend bien que vous êtes contre ce projet. Mais, on ne peut pas envoyer ce message à nos agriculteurs. Cela est criminel ! Nous avons l’agriculture la plus vertueuse au monde. Vous jetez en pâture nos agriculteurs qui sont à côté de chez nous et qui font le maximum pour nourrir la planète et nos enfants. » Et d’ajouter : « Entendre ce que j’ai entendu sur la taille de ce projet, vous méconnaissez la dimension des exploitations agricoles françaises. On est dans la norme d’un élevage de taille traditionnelle. Remettez les choses à l’endroit. Que vous soyez végans ou végétariens, dites-le très clairement, mais dénoncez pas ce que font les agriculteurs courageux ». Le conseiller et agriculteur Jules Viemont lui a répondu : « Vous vous êtes fait une spécialité de défendre les agriculteurs. Pas de chance, autour de cette table vous en avez trois qui défendent d’autres visions de la terre. Il existe des agricultures familiales, où on est respectueux et des bêtes et des sols, ce que ne défend pas ce projet. » In fine, le conseil municipal s’est largement prononcé contre ce projet.

Pour aller plus loin : revoir le débat en vidéo en fin de conseil municipal sur https://www.facebook.com/MairiedeSaumur/videos/893003927190222.

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