Saumurois. Ces deux partis disent « non à la ferme-usine de veaux de Verrie ! »

Voilà un sujet qui fait couler beaucoup d’encre depuis qu’il s’est invité à l’ordre du jour de plusieurs Conseils municipaux, notamment à Saumur et Gennes Val de Loire.

Pour rappel du projet, la société Du Moyer a déposé auprès des services de l’État une demande d’autorisation d’exploiter un élevage de veaux de boucherie au lieu-dit « Le Moyer » sur la commune de Verrie. Le projet consiste en la création d’un site d’élevage comprenant un bâtiment constitué de quatre modules permettant l’accueil simultané de 560 veaux de boucherie. Les animaux seront élevés intégralement en bâtiment sur caillebotis, avec collecte des déjections sous forme de lisier. L’élevage fonctionnera sans pâturage, ni parcours extérieur pour les animaux. Les veaux seront hébergés dans des bâtiments à ventilation dynamique et alimentés par des produits à base de lait, de granulés et de fibres végétales. Le projet prévoit également la réalisation d’une fosse extérieure de stockage des effluents d’une capacité utile de 1 300 m3 ainsi que les équipements annexes nécessaires au fonctionnement de l’exploitation. Les effluents d’élevage produits par l’installation seront valorisés par épandage sur des terres agricoles situées notamment sur les communes de Verrie (60%), Gennes-Val-de-Loire (14%), Doué-en-Anjou (2%) et Saumur (24%). Ce projet donne lieu du 23 juin au 21 juillet 2026 à une consultation du public à la mairie de Verrie. La ville de Saumur, concernée par la proximité avec le projet a donné un avis défavorable (relire notre article), contrairement à la commune de Gennes-Val de Loire qui a voté favorablement, notamment pour le versant concernant l’épandage sur son territoire (relire nos articles ici et ici). Le 28 juillet prochain, la commune de Verrie rendra à son tour son avis.

Un rassemblement contre le projet le 19 septembre…

Le parti écologiste et antispéciste, Revolution Ecologique pour le Vivant (REV), lance une action collective pacifique et respectueuse sur la commune de Verrie le 19 septembre 2026 contre le projet de ferme usine d’engraissement de veau. « Nous souhaitons rassembler autour de nos valeurs communes à savoir, le collectif habitant, la confédération paysanne, les associations de protection des animaux, les représentants politiques qui le souhaitent. Au-delà de ce projet, c’est l’agriculture industrielle et la maltraitance animale que nous dénonçons sans exception ou bémol possible. La financiarisation du model agricole nous mène droit dans le mur et cela ne protégera en rien notre souveraineté alimentaire bien au contraire. La FNSEA, la coordination rurale et le gouvernement Macrono/droitiste vous mentent. Allons vers une convergence des luttes citoyennes », écrit Yann Godeau le représentant du parti en Maine-et-Loire et Saumurois.

… ainsi qu’une pétition

De son côté, la section saumuroise de la France Insoumise dénonce elle aussi ce projet d’élevage. « 560 veaux enfermés simultanément, 960 veaux par an, sans jamais voir un seul mètre carré de pâturage. Voilà le modèle agricole que certains souhaitent imposer à notre territoire », estime-t-elle. LFI précise : « Le lisier contiendra les rejets d’un élevage intensif et les résidus qu’il entraîne. Les conséquences potentielles sur les sols, l’eau et le cadre de vie des riverains méritent un véritable débat. Ce projet s’inscrit dans une filière à laquelle participe Denkavit qui est un groupe hollandais spécialisé dans l’alimentation des veaux. En 2025, l’entité de Montreuil-Bellay a été condamnée par la justice en appel à Angers à laisser publiques les images de mauvais traitements jugées d’intérêt général dans une affaire de maltraitance animale concernant des veaux. Ceci interroge le modèle industriel porté par cette filière. » Les insoumis saumurois souhaitent ainsi apporter leur soutien au collectif citoyen mobilisé contre ce projet. « Cette lutte est la leur ; nous ne cherchons pas à nous l’approprier. En revanche, nous refusons de rester silencieux face à un projet qui est en rupture avec les enjeux écologiques, du bien-être animal et d’une agriculture paysanne. Nous appelons toutes celles et tous ceux qui refusent ce modèle à participer à la consultation publique avant le 21 juillet, à signer la pétition du collectif et à se mobiliser pour empêcher la réalisation de cette ferme-usine. » Et de conclure : « Notre territoire mérite mieux que l’élevage industriel. Il mérite une agriculture qui respecte les animaux, les paysans, les riverains et notre environnement. »

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