La terre est en armes, en larmes dans des largeurs extravagantes, balayée par la houle d’une inhumanité prolifère. Sur les sentiers de l’infortune errent de toutes parts des réfugiés déchus de toute dignité, du droit fondamental de vivre décemment, sans avoir ni faim ni froid, sans se cacher, se terrer pour échapper à la fatalité du pire, de l’indigence ou de bombes aveugles et meurtrières. Telle est leur ambition aggravée par l’inspiration belliqueuse de tous ceux qui imposent leurs diktats, économiques ou guerriers, feignant d’ignorer « qu’il n’est pas nécessaire d’éteindre la lumière de l’autre pour que brille la nôtre. »*
En ces temps d’invocations œcuméniques, la paix accapare commodément toutes les attentions dans une alchimie spontanée, de saison, peu soucieuse des vertus, de la charité et de la tolérance nécessaires pour l’édifier et la pérenniser. Nous faisons tous vœux de paix, de bienveillance, de générosité, pour qu’opère la magie au-delà de l’instant sincère où nous les formulons. Mais sommes-nous finalement prêts à tolérer quelque souffrance pour des raisons remettant en cause nos aises et conforts, à « vivre plus simplement pour que d’autres puissent simplement vivre. » *. Et, bien au-delà de nos chapelles, de nos communautés, dans une concorde universelle.
Georges Chabrier
* Empruntés à Gandhi
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