La porte-parole du gouvernement, Sophie Primas, a annoncé ce mercredi 27 août à l’issue du Conseil des Ministres, que les prochaines élections municipales se tiendront les 15 et 22 mars 2026. Le ministre de l’Intérieur Bruno Retailleau a présenté un décret fixant ces dates en Conseil des ministres, a-t-elle précisé. La loi veut en effet que les dates soit présentées au moins trois mois à l’avance, faute de quoi les élections ne pourraient être valides. Ces élections municipales marqueront en particulier l’entrée en vigueur d’un nouveau mode de scrutin pour Paris, Lyon et Marseille. La réforme votée début juillet par le Parlement va conduire à un système de double élection, et donc deux urnes, l’une pour élire les membres du Conseil de la mairie centrale (Conseil de Paris, Conseils municipaux de Lyon et de Marseille) – lesquels élisent ensuite le maire -, l’autre pour élire ceux de l’arrondissement (à Paris) ou du secteur (à Lyon et Marseille). Elle met un terme pour les trois grandes villes au mode de scrutin instauré par la « loi PLM » en 1982: les électeurs à Paris, Lyon et Marseille votaient jusqu’alors dans chaque arrondissement ou secteur pour une liste de conseillers, les élus du haut de la liste siégeant à la fois au conseil d’arrondissement/secteur et au conseil de la mairie centrale.
Les conseils municipaux, un pilier démocratique en crise, selon une étude
Les conseils municipaux ont du mal à susciter les vocations des citoyens, qui ne se sentent ni préparés, ni légitimes pour s’engager ou en sont dissuadés par leur entourage, selon une étude publiée vendredi, à sept mois des élections municipales. Si près d’un quart (24%) des 10.000 Français interrogés se disent prêts à se présenter sur une liste en 2026, seuls « quelques-uns » franchiront réellement le pas, montre une étude conjointe de l’Institut Terram et du Laboratoire de la République. En cause notamment : le manque de temps (42%), la lourdeur administrative de la tâche (41%), le sentiment d’incompétence (39%) et la difficulté à concilier engagement et vie familiale (38%). « Les Français ne rejettent pas l’idée d’un engagement municipal (…) mais ils ne s’y sentent ni préparés, ni légitimes, ni accompagnés », explique le constitutionnaliste Benjamin Morel, auteur de l’étude, pour qui les conditions d’exercice sont « de plus en plus inégalitaires ». A l’issue des élections municipales de 2020, 345 communes ne disposaient pas d’un conseil municipal complet, contre 228 en 2014. « On connaît bien la question du malaise des maires mais on ne sait quasiment rien de la difficulté à composer des listes, alors qu’on parle de 480.000 élus non rémunérés qui sont la sève de la démocratie locale », a expliqué le politologue. Parmi les causes de désengagement, « l’organisation territoriale » caractérisée par une centralisation croissante de l’Etat, la complexification normative, l’autonomie fiscale limitée et la marge de manoeuvre réduite des communes au sein des intercommunalités. A cela s’ajoute une crise de l’engagement, dont l’un des principaux freins est l’entourage. « Il y a une pression sociale, s’engager comme simple conseiller est mal vu par les collègues de travail comme par la famille », souligne M. Morel. La crise de l’engagement est plus forte dans les communes de moins de 1.000 habitants, qui représentent plus de 60% des communes. Les femmes demeurent largement sous-représentées, victimes d’un sentiment de « moindre légitimité« , de même que les catégories populaires. La « participation associative ou religieuse« , quelle que soit la religion, joue en revanche un rôle décisif dans la décision de s’engager. L’auteur dresse trois scénarios pour l’avenir: le « délitement progressif » caractérisé par une abstention record et la marginalisation du conseil municipal, la « rationalisation technocratique » qui transformerait les conseils municipaux en « chambres d’enregistrement« , et la « refondation civique » marquée par une revalorisation « statutaire et symbolique » du mandat. Pour revivifier la démocratie municipale, Benjamin Morel propose de redonner du poids au conseil municipal, ce qui implique selon lui de « re-réfléchir au rôle des intercommunalités et à l’autonomie fiscale des collectivités ».
Avec AFP
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