Le 22 janvier dernier, dans un hameau paisible du bourg de Bretoncelles, Ulysse a tué Magali, son épouse, d’un coup de fusil de chasse. Dépressif, porté sur l’alcool et les armes, le quinquagénaire sans histoires a ajouté une ligne à l’inventaire sordide du tableau de chasse des prédateurs sexistes. La chronique lugubre fleurit pour garnir le parterre de statistiques cruellement durables. Tous les trois jours, une femme périt encore sous le déchaînement fatal d’un conjoint, d’un proche, malgré les efforts consentis pour libérer la parole des victimes, des témoins, pour améliorer l’écoute de ceux qui reçoivent et traitent les plaintes. Le chemin sera long car ces progrès marquent paradoxalement, chez certains, le rebond d’une virilité, leur semble-t-il, mise en danger par le combat féministe et encouragée par un environnement toujours plus violent, propice à toutes les formes de radicalisation. L’insécurité est en effet un élément actif de l’expression de la virilité pour les hommes contestés dans leurs réflexes machistes issus d’une éducation stéréotypée toujours ancrée dans notre société. « La famille, l’école et le numérique sont les trois incubateurs qui inoculent le sexisme aux enfants dès le plus jeune âge. Il faut donc le combattre là où il naît » explique un rapport de janvier 2024, établi par le Haut Conseil à l’égalité entre les femmes et les hommes.
La drague épaisse
Si le conservatisme demeure très marqué chez les plus de 60 ans, estimant que les hommes doivent protéger les femmes, payer les additions et les inciter à élever leurs enfants, Il est étonnamment vivace et prospère chez les 25-34 ans. Pas question de parité dans les salaires pour être respecté dans un monde où il faut se battre, où il est normal et positif que la femme cuisine, chaque jour, pour toute la famille ! Dans le même temps, tout aussi surprenante se révèle la propension des femmes à se percevoir, sérieuses, discrètes, disponibles pour avoir des enfants, mais peu de partenaires sexuels ! Dans cette tranche d’âge donc, le mâle bombe le torse alors que sa compagne s’accommode d’une féminité mesurée en contradiction sensible avec l’attente exprimée. Cependant qu’une relation spécieuse et malaisée, alimentée par les actes malveillants et les dogmes, s’instaure ostensiblement entre les deux sexes. Une situation plutôt mal vécue par les machistes qui, trop souvent, découvrent et entendent le féminisme quand leurs propres filles subissent le harcèlement. Et oui, elles aussi endurent les balourds et les rustres, les gouailleurs à la drague épaisse, parfois menaçante. Messieurs, il faudra bien vous réinventer, policés et courtois, pour séduire toujours et encore, sans risques aucuns de vous exposer au féminisme parfois revanchard. Alors viendra le temps, bientôt, peut-être, où la transition chaotique aura chassé vers un monde apaisé, conquis par l’amour équitable.
Georges Chabrier
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