Edito du Kiosque : sans commentaires ?

Dans le confort de l’anonymat, les commentaires du Kiosque dérivent fatalement vers une outrance délétère. Comme nombre de médias du Web, notre journal entend mettre un terme à cette propension prospère sur les réseaux sociaux et, ainsi, faciliter l’expression plurielle de ceux qui ont quelque chose à dire pour enrichir raisonnablement le débat.

Depuis longtemps, le débat tourne en boucle dans les rédactions des titres de presse en ligne. L’ambition louable et justifiée de créer de l’interactivité pour enrichir l’échange avec les lecteurs s’avère désormais une charge critique de nature à remettre en cause les meilleures intentions. Faut-il ou non reconsidérer la pertinence des commentaires libres attachés aux articles édités ? Cette question, bien entendu, nous nous la posons dans l’espace restreint du Kiosque, confrontés aux retours virulents, impertinents et diffamatoires d’un lectorat outrepassant régulièrement les limites de la décence. Un exercice quotidien nous obligeant en temps, en vigilance, en risques perpétuels de responsabilité et donc de condamnations encourues devant les tribunaux. Nombre de publications de tous acabits ont déjà pris la décision de renoncer au déferlement haineux, incontrôlé, emprunté couramment et trop librement aux caisses de résonances que sont les réseaux sociaux. Pour ces raisons essentielles, s’extraire du tumulte incoercible de l’univers du Net nous semble une orientation sage, à condition d’offrir, en contrepartie, du temps et de l’espace au bon sens, à l’analyse, à la confrontation d’idées.

Renforcer l’émanation locale

En rupture avec les éructations primitives délétères, nous souhaitons donc rouvrir la voie à ceux qui avaient finalement renoncé à amender nos colonnes surexposées aux cancans et ragots de bravaches tapis sous leurs pseudos, à l’abri des regards d’autrui. Notre attachement à l’interactivité avec nos différents publics, à la libre expression du plus grand nombre, plus-values essentielles au cœur de notre métier, nous oblige nécessairement à poursuivre autrement pour ne pas rompre et, bien au contraire, renforcer l’émanation locale. En ce sens, nos fenêtres de commentaires ne seront plus ouvertes qu’aux vents portants vers ce cap, celui de la bonne espérance en une confiance retrouvée dans le cadre d’un champ restreint, protégé des vicissitudes de l’anonymat. S’exprimer, donner son avis pour enrichir le débat public demeurera donc possible sur des dossiers engageant la vie sociale et politique de notre cité dans des formats adaptés proposés aux « kiosqueurs ». En toute transparence, bien entendu, sous la plume libre et revendiquée des auteurs concernés, bien identifiés. Quant aux autres actualités, elles se confronteront dans une même exigence à l’encre indépendante de vos critiques dans une formule étoffée du « Courrier des lecteurs ». Enfin, à très court terme, des « tribunes libres » seront proposées à tous les acteurs animés du désir de contribuer à la valorisation des ressources locales, à la promotion de la pensée essentielle pour mieux vivre ensemble. Merci de vos commentaires !

Georges Chabrier

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Le Kiosque renforce sa veille : Les commentaires ne seront pas corrigés. Ceux comportant des mots grossiers ou portant atteinte à l'intégrité des individus n'étant pas publics ne seront pas publiés. La courtoisie n'empêche pas la libre expression, nous vous rappelons aussi que le débat s'enrichit d'idées et non de critiques aux personnes. Vous pouvez aussi nous adresser un article, une réflexion, une pensée,... que nous publierons en courrier du lecteur.
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