Indre-et-Loire. Le Département et les chasseurs mobilisés pour la plantation de haies

Depuis 26 ans maintenant, le Département d’Indre-et-Loire et la fédération des chasseurs travaillent de concert pour aider particuliers, entreprises, collectivités ou agriculteurs à replanter des haies.

En 100 ans, le paysage rural de l’hexagone a bien changé. Au milieu du XXe siècle, les arbres et arbustes qui séparent les parcelles agricoles sont arrachés pour augmenter la productivité des exploitations. On estime que près de 70% des haies bocagères françaises ont ainsi été détruites. Pourtant, on leur reconnaît aujourd’hui de nombreuses vertus, tant écologiques qu’économiques et paysagères. Depuis 1996, le Conseil départemental d’Indre-et-Loire et la Fédération des chasseurs d’Indre-et-Loire s’investissent pour la plantation de haies sur le territoire. Visites de terrain, conseils techniques et financement : tout est fait pour que les porteurs de projets soient accompagnés, de la définition du projet jusqu’à la plantation. Le Département finance 50 % des plants et fournit gratuitement le paillage biodégradable qui protège le pied des haies les premières années. La Fédération des chasseurs aide les volontaires à élaborer leurs projets (haie simple ou double, quel linéaire, quel emplacement sur leurs terres, les essences d’arbres les plus adaptées au sol, etc) et règle les 50% des plants restant. Avec une moyenne de 25 km de haies plantés chaque année, ce sont 600 km de haies et 15 700 arbres isolés qui sont venus restructurer le paysage depuis le lancement de l’opération « l’Arbre dans le Paysage Rural de Touraine ». Les deux structures prennent donc en charge la totalité du coût de chaque projet, à hauteur de 6 000 € maximum. Un investissement qui représente un budget moyen de 40 000 € par an pour le Conseil Départemental, auquel il faut ajouter un paillage biodégradable à base d’amidon, fourni gratuitement.

Pourquoi planter ?

Les haies sont des éléments paysagers très importants, qui jouent un rôle de « corridor écologique ». Elles font le lien entre les oasis de biodiversité dont les espèces sont dépendantes pour accomplir leur cycle de vie. Isolée dans ces réservoirs, une population donnée pourrait disparaître en cas d’épidémie ou souffrir d’un manque de diversité génétique. Prenons l’exemple d’une espèce bien connue : le chevreuil. Pour manger, se reposer ou se reproduire, il a besoin de « naviguer » d’un boisement à l’autre. Relier ses boisements entre eux par des haies va permettre de faciliter la circulation de l’espèce et d’assurer la continuité de son bassin de vie. Les haies bocagères sont également nourricières, non seulement parce qu’elles portent des fruits, mais aussi parce qu’elles protègent le bétail, du vent notamment. Moins de stress pour l’animal, c’est la garantie d’une meilleure viande ou d’un lait plus abondant. Autre avantage pour les agriculteurs : les haies stabilisent les sols en plus de les enrichir. Leurs racines permettent à l’eau de mieux pénétrer dans la terre et empêchent ainsi l’érosion. Une terre mieux alimentée garde plus facilement ses nutriments, l’azote et le phosphore, et nécessite moins d’engrais : un gain de temps, d’argent, mais aussi et surtout une vraie plus-value pour l’environnement. Et s’il fallait encore convaincre des nombreuses vertus des haies, on pourrait ajouter qu’elles participent également à l’intégration paysagère des nouvelles constructions, que leur bois peut être utilisé pour chauffer les habitations et que ces îlots de fraîcheur sont un allié précieux contre le réchauffement climatique, sans omettre évidemment la réduction de l’empreinte carbone sur les exploitations agricoles, notamment pour des haies plantées en bordure de voiries ou voies ferrées. Autant d’atouts qui ont poussé les ministères de l’Agriculture et de l’Environnement à lancer conjointement une campagne en faveur de l’arbre hors forêt en 1994. Une opération nationale adoptée au niveau local dès 1996 par le Conseil Départemental d’Indre-et-Loire.

Comment participer ?

« L’Arbre dans le Paysage Rural de Touraine » est ouvert aux particuliers, dont une majorité d’agriculteurs, aux entreprises ainsi qu’aux collectivités (mairies et communautés de communes). Le premier pas est de contacter la Fédération des chasseurs d’Indre-et-Loire au 02 47 05 65 25. Un technicien vous apportera tous les conseils indispensables pour mener à bien votre projet.

Commentaires 2

  1. Jdr says:

    Il est bien urgent de s’occuper de ce sujet des sols.
    Si vous avez des informations sur ce que fait le Maine et Loire en la matiere, ce serait tres bien.

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  2. Vernantais says:

    La plantation de haies devrait devenir obligatoire. Assez de voir ces champs désolés, où lièvres et perdrix ne savent où se « planquer », se nicher. De plus elles retiennent l’eau de ruissellement. Des déserts pour quelques quintaux de plus!

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