Maine-et-Loire. Influenza aviaire hautement pathogène : vaccination des canards

Ce jeudi, Philippe Chopin, Préfet de Maine-et-Loire, s’est rendu au GAEC de la Sarboussière sur la commune de La Séguinière, afin d’assister à une séance de vaccination de canards contre l’influenza aviaire hautement pathogène.

Le ministère de l’Agriculture et de la Souveraineté alimentaire a lancé début octobre 2023 une campagne de vaccination nationale contre l’influenza aviaire hautement pathogène (IAHP). Ciblée sur les canards d’élevage, cette campagne vaccinale est une première en Europe. Environ 60 millions de canards sont concernés sur toute la France. Inédite dans son principe et par son ampleur, cette campagne de vaccination vise à mieux protéger l’ensemble des filières avicoles face à un virus bien implanté dans les populations d’oiseaux sauvages.
La vaccination est obligatoire pour les élevages détenant plus de 250 canards (Barbarie, Mulard et Pékin)dont les produits (viande et foie gras) sont destinés à la commercialisation. L’ensemble du territoire métropolitain (à l’exception de la Corse) est concerné.
Cette campagne vaccinale, dont le montant estimé dépasse les 100 millions d’euros, est prise en charge à 85% par l’État, le reste étant à la charge des filières. Le dispositif vaccinal vient compléter les mesures de biosécurité déjà en vigueur sur le territoire métropolitain et dont le bon respect demeure le meilleur moyen de prévention pour empêcher la maladie de s’installer en élevage.

Mise en application du dispositif en Maine-et-Loire

Le Maine-et-Loire est un important département de productions de volailles, où toutes les espèces sont représentées : au total, 775 élevages professionnels sur plus de 2000 bâtiments d’élevage, avec en particulier 9% d la production nationale de canards. Il s’agit par ailleurs du premier département de génétique volailles avec des groupes de dimension internationale, impliquant un enjeu majeur d’approvisionnement des filières partout en France ainsi que de forts enjeux d’exportation.
Le département a été sévèrement touché par la crise sanitaire de l’IAHP au cours des deux dernières années (le troisième le plus touché après la Vendée et les Landes par l’épisode 2022-début 2023). Au total 224 foyers ont été déclarés, 181 de février à mai 2022 et 43 de septembre 2022 à janvier 2023, certaines exploitations ayant été touchées deux fois. Cela représente 3,9 millions de volailles mortes ou euthanasiées, auxquelles se sont ajouté les dépeuplements obligatoires en zones réglementées.
Suite à cette crise d’ampleur et pour le seul Maine-et-Loire, près de 90 millions d’euros d’indemnisations sanitaires et de paiement des prestataires (vétérinaires, laboratoires, équarrissage, ramassage) ont été versés ou sont en cours de versement, auxquels il faut ajouter environ 15 millions d’euros d’indemnisations économiques.
Compte tenu de ces éléments, la vaccination des canards de production et d’une partie des canards reproducteurs est un outil de réponse très attendu dans le département, au bénéfice de toutes les filièresavicoles. Près de 5 millions de canards devraient être concernés par cette campagne de vaccination dans le Maine-et-Loire, sur environ 350 bâtiments, avec un coût estimé à près de 9 millions d’euros. A ce jour, plus de 500 000 primo-injections ont déjà été réalisées dans le département, tant en canards gras qu’en canard maigres, et en particulier 80 000 reproducteurs. Ces opérations de vaccination sont conduites sous la supervision des vétérinaires sanitaires des exploitations, qui sont la cheville opérationnelle du dispositif

Mesures de protection en cas de foyers et de cas dans la faune sauvage

La vigilance et le respect des règles de prévention ainsi que des mesures générales de biosécurité restent impératives pour les professionnels de la filière avicole et le grand public (promeneurs, chasseurs…). Des cas d’influenza aviaire sont toujours repérés dans la faune sauvage en France et en Europe, et tout nouveau foyer qui apparaîtrait en élevage doit être éradiqué rapidement.
Les mesures de police sanitaire sont prises à chaque fois qu’un foyer est détecté afin de limiter la propagation du virus :
– Abattage des foyers et, si nécessaire, abattage préventif des animaux dans un périmètre défini par arrêté préfectoral pour limiter la propagation de la maladie ;
– Nettoyage et désinfection des foyers ;
– Interdiction des mouvements de volailles dans des zones de protection (ZP) et de surveillance (ZS) définies autour des foyers.
Lorsqu’il s’agit de cas confirmés dans la faune sauvage, des zones de contrôle temporaire (ZCT) sont mises en place.
Pour rappel, la consommation de viande, foie gras et œufs – et plus généralement de tout produit alimentaire à base de volaille – ne présente aucun risque pour l’Homme.

Plus d’informations sur le déploiement de la campagne nationale de vaccination contre l’influenza aviaire hautement pathogène (IAHP) sur https://agriculture.gouv.fr/tout-ce-quil-faut-savoir-sur-linfluenza-aviaire

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Les commentaires sont limités à 500 caractères.
Le Kiosque renforce sa veille : Les commentaires ne seront pas corrigés. Ceux comportant des mots grossiers ou portant atteinte à l'intégrité des individus n'étant pas publics ne seront pas publiés. La courtoisie n'empêche pas la libre expression, nous vous rappelons aussi que le débat s'enrichit d'idées et non de critiques aux personnes. Vous pouvez aussi nous adresser un article, une réflexion, une pensée,... que nous publierons en courrier du lecteur.
Are you sure want to unlock this post?
Unlock left : 0
Are you sure want to cancel subscription?