Saumur. ARTCHEVAL : Trois visions différentes du cheval autour d’une exposition commune

Ce samedi 15 octobre marque le début de la nouvelle exposition ARTCHEVAL au centre d’art contemporain Bouvet Ladubay. Trois artistes y exposent leurs œuvres autour du cheval après une période de résidence cet été.

A partir de ce samedi 15 octobre et jusqu’au 15 janvier 2023, le festival saumurois ARTCHEVAL revient pour sa 30e édition. Une date qui résonne également avec les 30 ans du centre d’art contemporain de la maison de bulles Bouvet-Ladubay, où le festival « in » se tient depuis plus de 20 ans maintenant. Cette année encore, trois artistes ont été invités en résidence par le comité équestre et l’Abbaye de Fontevraud durant 3 à 5 semaines. Ils ont ainsi pu découvrir le territoire du Saumurois, aller à la rencontre du monde équestre sous tous ses aspects et s’en imprégner pour ensuite réaliser leurs œuvres respectives autour du cheval, car il s’agit du cœur du sujet de ce festival artistique. Les créations, sur mesure, de ces trois artistes sont exposées au Centre d’Art contemporain Bouvet Ladubay jusqu’au 15 janvier sous une exposition commune intitulée « Manège ».

Les artistes

Alfonse, Paul et les autres : Artiste solo masqué derrière une appellation plurielle, Alfonse, Paul et les autres développe une pratique du dessin et de l’installation qu’il assume en tant que collectif fictif ou sous les noms d’Alfonse Dagada, Paul Martin ou Justin Saxe. L’artiste mobilise ce jeu sur les identités pour décloisonner des imaginaires stéréotypés grâce à un travail de réinterprétation graphique d’images hétérogènes. Ainsi, se croisent, dans des séries de dessins au crayon de couleur et dans des installations exubérantes, imagerie kawaï, images d’illustration commerciales ou didactiques. Cette pratique prolifique dont les ramifications ne cessent de se complexifier interroge les rapports de pouvoir qui se nouent à travers notre relation aux flux d’images que nous recevons quotidiennement via nos terminaux numériques.
Sa démarche : « J’ai créé des œuvres destinées à s’insérer spécialement dans ce lieu, et c’est tout l’intérêt des résidences. Pour ma part, je suis allé à la découverte du cheval dans les écoles d’équitation, l’armée, les clubs, les coachings avec les chevaux… J’ai souhaité m’amuser avec le paradoxe de genre qui gravite autour du cheval. Il peut à la fois être un symbole de virilité et à la fois dans l’univers girly des petites filles. Je travaille aussi beaucoup autour des représentations présentes dans la pop-culture. J’ai donc créé de grands chevaux que j’ai dessinés sur des pans de contreplaqué en bois. Après une esquisse, j’ai dessiné un plus finement à l’air de gros crayon de couleur. Puis j’ai découpé à la scie sauteuse. L’idée d’avoir une création en relief, de taille disproportionnée était intéressante. »

Cécile Baërd : Artiste plasticienne, Cécile Baërd est diplômée de l’école Boulle. Elle vit et travaille entre Paris et le Centre-Bretagne. Adepte du dessin, elle se joue des vides et des pleins et propose à partir d’éléments visuels simples comme des silhouettes d’animaux ou de formes humaines un maelström poétique. Elle exploite et reprend jusqu’à l’épuisement ce vocabulaire de formes donnant naissance à des rencontres insolites ou des paysages oniriques que sa maîtrise du geste rend précieux. Les éléments s’imbriquent les uns aux autres et donnent à l’inconscient le choix de se manifester sous diverses formes, selon la lecture de chacun. À partir de l’animal, du paysage et des objets entremêlés, c’est de l’individu dont il est profondément question, avec ses interrogations, ses manques, ses incongruités, sa poésie et sa joie de vivre.
Sa démarche : « Je fonctionne pour ma part au dessin d’observation. C’est-à-dire que je prends le temps de regarder et ensuite je peux travailler de mémoire. Je laisse mon esprit et mes mains me guider. Je ne sais pas encore ce que je vais créer au moment où je commence, quel sujet, quelle taille… J’utilise différentes techniques selon les envies et ce que je veux représenter. Ce qui m’a le plus marqué, c’est le côté émotionnel que peuvent faire ressortir les chevaux. J’ai voulu montrer à quel point ils peuvent être le miroir de nos émotions, nous comprendre et finalement à quel point ils ne sont pas si différents de nous. On trouvera dans cette exposition de petites œuvres très ordonnées et encadrées qui côtoient de grandes créations qui sortent du cadre. »

Tereza Lochmann : Née à Prague, elle est diplômée de l’École Supérieure des Arts Appliqués de Prague et de l’Ecole des Beaux-Arts de Paris. Son œuvre est le fruit d‘un processus singulier qui entremêle gravure, sculpture, peinture et dessin. Elle détourne notamment la pratique classique de la gravure pour en faire un médium contemporain expérimental et vivant. Ainsi, ses grands bois gravés dépassent leur fonction utilitaire de simples « matrices » pour devenir « reliefs » et être exposés au public. Chez elle, les notions de « récupération » et « d’assemblage » marquent autant ses procédés que sa démarche. Utilisant des bois au rebut, des cahiers ou de vieilles cartes géographiques, elle en révèle le vécu et le combine à ses propres souvenirs. Elle s’inspire aussi de fragments de légendes, d’images collectées, de bribes d’expériences vues ou vécues, pour construire des formes narratives singulières, en prise avec l’actualité la plus brûlante. La marginalité et la mémoire du vécu s’imposent chez elle comme thématiques privilégiées, développées au gré d’images volontiers archétypales.
Sa démarche : « Ma technique de prédilection est la gravure sur bois. Toutefois, je travaille à l’encontre des codes habituels. On imagine en effet souvent des petits formats. Pour ma part je travaille ici sur de grandes fresques réalisées par impression sur du papier japonais à partir d’une gravure que j’ai réalisée sur des matériaux qui ne sont pas initialement dédiés à la gravure, en l’occurrence une porte. J’ai aussi réalisé des petits dessins, plus humoristiques autour du cheval, des expressions et de la transposition avec le corps humain. Une autre série, de peinture cette fois, se concentre sur les accessoires destinés aux chevaux, avec sans doute une transposition des besoins de l’homme sur cet animal. Pour ces réalisations, j’ai pris le temps de me balader dans les prés pour aller à la rencontre de l’animal. J’ai beaucoup observé, je suis allée à son contact et j’en ai choisi un qui a été mon modèle. »

Infos pratiques : L’exposition se tiendra du 15 octobre 2022 au 15 janvier 2023 au Centre d’Art Contemporain Bouvet Ladubay à Saint-Hilaire-Saint-Florent, Saumur. Plus de renseignements sur https://www.saumur.org/fr/.

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