Dans le sillage de la parution de son dernier ouvrage « Cadre Noir » Alix de Saint-André s’est volontiers prêtée au jeu de l’interview dans le théâtre Bouvet-Ladubay ce mardi 24 mars. Sous le feu roulant des questions d’Antoine Boussin, l’écrivaine a retracé plusieurs décennies d’une carrière née à Saumur où elle a grandi. Son premier roman « l’ange et le réservoir de liquide à freins » situe l’intrigue dans un collège bien connu du centre-ville où les religieuses n’ont pas toutes la conscience tranquille. Un roman qualifié par son auteur de jubilatoire. « L’intérêt du roman policier pour son écrivain est de pouvoir tuer tout le monde , c’est délicieux ! » Quelques bonnes feuilles offre également une description de la Loire qu’Antoine Boussin lit avec solennité, un fleuve qui vous marque et vous laisse admiratif. Lorsque Alix de Saint-André découvrira la Seine, elle ne pourra s’empêcher de s’exclamer : « mais qu’est-ce que c’est que ce truc ?» De sa carrière de journaliste au Figaro, Elle et Canal +, l’auteur garde le souvenir d’une liberté de ton : « Nous avions le même âge, les choses se faisaient sans argent ni publicité, on travaillait comme des malades ! »
Une véritable enquête au cœur du Cadre noir
L’ouvrage qu’elle présente aujourd’hui est intimiste et se présente comme une enquête journalistique. Fille du colonel de Saint-André écuyer en chef du Cadre noir jusqu’en 1972, Alix essaie de comprendre pourquoi son père fut remercié en son temps sans préavis et sans explications. Elle se lance dans une rétrospective et trace un portrait attachant de l’époque, de son père et des circonstances : de la famille royale anglaise de passage en France au président Pompidou. C’est le portrait d’une période et d’une France en mutation où les acteurs de la « vieille école » comme le colonel de Saint-André n’ont plus vraiment leur place. Homme d’humour et d’exigence, le portrait de ce cavalier reste un témoignage d’intégrité pour celui qui, à 55 ans, était devenu le premier écuyer civil après sa retraite militaire. Des petits arrangements politiques aux excuses faussement établies, Alix retrace l’itinéraire de cette éviction avec le ton qui lui est propre, interviewant les acteurs de l’époque. Racine disait dans Britannicus qu’il n’est point de secrets que le temps ne révèle… comme dans ce livre attachant qui ne laisse pas indifférent.
Résumé
« « J’étais de nouveau enfant dans ce bureau qui ne ressemblait pas du tout à celui de mon père, mais cet homme exerçait la même fonction que lui et je voulais lui dire ça, que les écuyers pleurent quand ils perdent un cheval ; les écuyers de ce temps-là aussi, même si les hommes ne sont pas censés pleurer. Je voulais lui dire ça. Et lui donner la recette du cocktail Dubonnet ! Il y a des priorités dans la vie. » En 1972, au sommet de sa gloire, le colonel Jean de Saint-André, écuyer en chef du Cadre noir de Saumur, est renvoyé du jour au lendemain sans explication. Que s’est-il passé ? Sous la forme d’un journal enlevé et vivant, Alix mène l’enquête, explore son courrier, ses archives personnelles, la presse régionale, rencontre les protagonistes… Plongée dans les années Pompidou, elle fait de drôles de découvertes. On retrouve avec plaisir la verve d’Alix de Saint-André dans ces pages consacrées à son père, à ces hommes et à ces femmes qui font danser les chevaux. »
Cécile Bodeven
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