« En fin de semaine dernière, la presse locale nous informait d’un projet de vente de la chapelle de l’ancien hôpital de Saumur, la chapelle Nantilly, à Natacha Voranger, artiste plasticienne (relire notre article). Lors du conseil municipal à l’ordre du jour duquel cette vente figurait, des élus d’opposition ont exprimé leur opposition, ou du moins, des réserves quant à ce projet, en raison de la nature même du travail de cette artiste. Le Groupe James Combier de la Libre Pensée de Saumur se devait de préciser quelques points de législation notamment à propos du caractère sacré ou non du lieu ainsi que du caractère qualifié de « blasphématoire » de l’oeuvre de Natacha Voranger. En effet, lorsqu’un élu s’inquiète du caractère blasphématoire d’un projet, il est important de rappeler que le délit de blasphème n’existe plus en droit français depuis 1791 et que la Déclaration de Droits de l’Homme et du citoyen stipule que « La libre communication des pensées et des opinions est un des droits les plus précieux de l’Homme : tout citoyen peut donc parler, écrire, imprimer librement, sauf à répondre de l’abus de cette liberté dans les cas déterminés par la loi. »
Quant au soit-disant « cadre religieux », au « caractère sacré » du lieu évoqués par cet élu : là aussi, il appartient à la Libre Pensée de rappeler que cette chapelle n’est plus consacrée au culte depuis fort longtemps, sa désaffectation du culte ayant été prononcée par les instances religieuses elles-mêmes suite à une demande de la Municipalité.
Il incombe donc à la municipalité de gérer ce bâtiment comme elle l’entend avec possibilité de le mettre en vente à qui bon lui semble, comme l’indique la loi de 1905 de séparation des Eglises et de l’Etat : « Les édifices qui ont été mis à la disposition de la nation et qui, en vertu de la loi du 18 germinal an X, servent à l’exercice public des cultes ou au logement de leurs ministres (cathédrales, églises, chapelles, temples, synagogues, archevêchés, évêchés, presbytères, séminaires), ainsi que leur dépendances immobilières, et les objets mobiliers qui les garnissaient au moment où lesdits édifices ont été remis aux cultes, sont et demeurent propriétés de l’Etat, des départements, des communes. »
A contrario, quelle que soit notre opinion de Libres Penseurs au sujet de ce projet, il n’appartient pas à la Libre Pensée de s’exprimer sur son bien fondé. Apprécier l’oeuvre d’une ou d’un artiste, ou au contraire être choqué ou scandalisé par celle-ci et exprimer son avis relève de la Liberté d’opinion et d’expression qui nous est chère. Il en va de même si un élu se fait le relais de cette opinion lors de débats, à condition de ne pas le faire en donnant à son argumentation un caractère légal qu’elle n’a pas. »
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Commentaires 4
Ce n’est pas parce que cette chapelle est désacralisée qu’il faut tout se permettre d’autant plus que cette chapelle est située au sein d’habitations. Et les habitants n’ont pas été consulté et veulent leur tranquillité.
Bravo👏👏tout est dit.
Quant au reste cela s appelle s opposer pour s opposer.
Excellent réaction de La Libre Pensée. Quel dommage de devoir rappeler ce B.A.BA de la république ! Existe-t-il e encore des citoyens qui ignorent qu’il y a eu, en 1905, séparation de l’Eglise et de l’Etat ?
Le groupe Libre Pensée de SAUMUR a raison sur un point : le délit blasphématoire n’existe plus en France. Cependant, en regardant sur le site de l’artiste, on constate bien que ses photos sont à la limite de la pornographie ! Il y a quelques années, dans le cadre de « Arts et Chapelles » un tableau du Christ a été retiré, choquant dans un lieu religieux, bien que désacralisé.