Ce mardi 12 décembre 2023, les élus de la ville de Saumur étaient réunis pour un conseil municipal extraordinaire sur la question du lieu et du mode de gestion du futur casino (notre articles par ailleurs). L’opposant Bernard Henry s’est voulu « prudent » sur le sujet. Il s’est positionné contre, car selon lui « la loi interdit tout bonnement les jeux d’argent », arguant que « les gains que l’on me promet, ne sont pas suffisants pour me faire dire oui. » Bernard Henry estime en effet que « cela n’est pas parce que cela rapporte que c’est forcément bon ! ». Ajoutant : « La population saumuroise est fragile et il faut la protéger. L’argent est fait pour être investi et transformé. Or l’argent qui est perdu au casino, c’est de l’argent qui n’est pas investi sur le territoire. Je pense que l’on peut davantage capitaliser sur les points forts de Saumur pour développer le tourisme : Patrimoine, Loire, cheval… » Bénédicte Le Ménac’h, binôme de Bernard Henry en revanche salue « ces 30 années de travail. » Elle estime que « les tripots existent de toutes façons sur Saumur et cela permettra au moins de les contrôler. » Elle rejoint cependant Bernard Henry sur le fait « qu’il ne faudra pas inciter les Saumurois à y aller et qu’il faudra faire attention aux populations les plus fragiles. Il y aura un travail à mener sur les addictions, notamment dans les établissements scolaires. »
De la prudence pour Bertrand Chandouineau
L’autre figure de proue de l’opposition municipale, Bertrand Chandouineau s’est montré favorable au projet. Il invite néanmoins « à prendre des précautions au nom des difficultés sociales. La population saumuroise est particulièrement fragile, ce qui n’est pas le cas des villes de casino en règle générale. » Il ajoute : « Si philosophiquement je pourrais être contre, politiquement je ne peux l’être. Cela va apporter de l’attractivité et des recettes supplémentaires. » Bertrand Chandouineau met également en garde : « L’idée d’imposer un bâtiment précis, c’est resserrer le champ des possibles. Il ne faudrait pas se retrouver avec une DSP (délégation de service public) sans réponse. Il ne faut, selon moi, pas mettre trop de pression et d’obligations. Quid des places de parking ? A mon avis, il serait plus opportun que Saumur ait un restaurant de qualité avec de l’animation de qualité et quelques machines à sous, plutôt qu’un gros casino. » Ce à quoi le maire a répondu : « il y a des règles très strictes. Si on a une table de jeu, il faut 60 machines, pour la 2e table, ce sont 15 machines supplémentaires, 10 pour la 3e table et la 4e. Nous serions donc plutôt avec 4 ou 5 tables et une petite centaine de machines. »
Noël Néron s’abstient
Autre dissension, plus étonnante, émanant cette fois-ci de Noël Néron, maire déléguée de Bagneux et membre de la majorité. « En 2018, j’ai voté pour l’implantation du casino. Mais, aujourd’hui ma vision a évolué. Je ne crois pas au ruissellement. La population saumuroise a un revenu moyen faible, les associations caritatives sont en train de râcler les fonds de tiroir et absorbent une augmentation de 30% des bénéficiaires. Cela me gêne profondément. Je m’interroge aussi sur la transparence des fonds et leur origine. »
Nouvelles dynamiques et nouvelles ressources
En réponse, Jackie Goulet a indiqué : « Je peux comprendre ces inquiétudes, et il y aura un travail de fait avec des associations autour des addictions. Aussi, depuis l’annonce, j’ai reçu de nombreux messages de remerciements, et ils ne provenaient pas de personnes au RSA, mais de personnes à l’aise qui ont envie de se faire plaisir et qui iraient au casino comme on se fait un bon restaurant. » Quant au fait de capitaliser sur les points forts de Saumur pour développer le tourisme, « la ville de Saumur attire 1.3 million de visiteurs chaque année. Mais, il ne faut pas se reposer sur ses lauriers. Il faut continuer à créer de la dynamique pour rester les premiers et être la locomotive touristique du territoire, notamment en Anjou. » Pour l’édile, cette ressource financière supplémentaire permettra de « faire baisser la dette et voir l’avenir plus sereinement. Cela permettra de consolider nos actions de solidarité et le développement de la ville. » Enfin, l’aspect stationnement ne semble pas inquiéter le maire : « Il y a de nombreux parkings aux alentours à quelques minutes à pied du site : Marc Leclerc entre les Ponts (413 places après travaux), les cales de Loire (82 places), le Chardonnet (430 places), l’Europe… Le taux d’occupation est faible, en dehors du samedi matin avec le marché. Le stationnement est donc un vrai faux problème. »
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