Vienne. Mesures de protection de l’eau : La chaîne de lavage auto Éléphant Bleu réagit

En réaction à la décision de plusieurs préfectures françaises, dont celle de la Vienne, qui a imposé des restrictions quant au lavage des voitures, la chaine de lavage automobile Elephant Bleu déplore de telles sanctions.

Dans un article en date de ce lundi 5 décembre, nous vous indiquions que la préfecture de la Vienne faisait encore l’objet de mesures de restrictions quant à la ressource en eau (relire ici). Plusieurs mesures sont donc mises en œuvre parmi lesquelles des restrictions de lavages des voitures. Ces décisions n’ont pas manqué de faire réagir les professionnels du lavage automobiles, comme la chaine Elephant Bleu qui compte des stations de lavage un peu partout en France. « Les décisions préfectorales de fermer les centres de lavage auto pour lutter contre la sécheresse sont contre-productives voire catastrophiques pour l’environnement », estime la chaine. Même si elle reste consciente des enjeux de préservation de la ressource en eau et assure travailler et réfléchir à la question aux côtés de l’Etat : « Les discussions autour de la gestion des crises sécheresse sont en cours, suite aux Assises de l’eau fin septembre et après l’épisode de cet été qui a appauvri les réserves en eau. La situation inédite que nous traversons et dont nous ne voyons pas la fin, plus de quarante départements sont encore touchés, révèle le franchissement d’une étape dans le réchauffement climatique et ses impacts. » Mais elle déplore toutefois un manque cohérence : « Les professionnels ont conscience que le lavage automobile symbolise l’usage de l’eau et rend visible l’action publique par des fermetures partielles ou totales des centres professionnels. Première ressource de leur activité, ils savent également que l’eau est précieuse et qu’ils ont tout intérêt à la préserver. Pour autant, les mesures de fermeture, inégales d’un département à l’autre, voire d’un trottoir à l’autre, place les centres en situation de concurrence déloyale, sous l’effet de l’action de l’Etat lui-même. Elles entretiennent par ailleurs la confusion, autant des professionnels que des consommateurs. Pire, elles envoient les mauvais signaux, brouillent durablement les messages d’une gestion responsable de l’eau et déclenchent des effets contre-productifs. »

Fermer les centres de lavage : gaspillage d’eau, pollution supplémentaire et professionnels en difficulté

Elephant bleu estime dans un communiqué que « l’ignorance des bénéfices du lavage en station sur la consommation d’eau et la dépollution de la mobilité, l’absence de concertation avec les professionnels, amènent à des décisions arbitraires et injustes. Les conséquences sont lourdes sur la préservation de la ressource en eau, sur la pollution et sur l’économie, en utilisant comme bouc émissaire, un secteur indispensable à la transition écologique. La filière du lavage professionnel est la seule à pouvoir maîtriser les polluants de la mobilité, raison pour laquelle le lavage à domicile est interdit, en l’absence de dispositif de traitement. » Sur les 11 000 centres de lavage implantés en France, 93% ont été concernés par des fermetures, totales ou partielles, au pic de la crise qui s’est étendue sur 93 départements. En moyenne, les fermetures ont duré 60 jours, jusqu’à 120 jours pour certains. « Seulement 5% ont été indemnisés de leur perte d’activité et ils seront les derniers. Actuellement, les assurances dénoncent les clauses liées aux risques climatiques. Moins de 50% de demandes de chômage partielles ont été acceptées. Selon le sondage de Mobilians auprès de 827 adhérents, l’addition se solde avec une perte moyenne de chiffre d’affaires de 19 122 € par centre. Elle est supportée sans indemnisation par les exploitants, dont la majorité n’est pas salariée« , dénonce le laveur. Cela aurait par ailleurs un impacte sur l’environnement d’après le groupe : « Pendant ce tempslà, 2 640 tonnes de boues polluées contenant 20% d’hydrocarbures et 0,2% de métaux lourds, n’ont pas été collectées. Le lavage à domicile, qui représente déjà 38% des pratiques, a augmenté de 12% entre 2021 et 2022. Il a généré une surconsommation de 210 litres d’eau par lavage, soit plus de 2,5 millions de m3 sur l’année. A contrario, un centre de lavage restitue 95% de l’eau utilisée et collecte 16 kg de polluants par jour en réalisant 45 lavages en moyenne. »

Revendications des professionnels

La première revendication est la reconnaissance du métier du lavage professionnel et de sa fonction de dépollution. « Même si la mobilité est en pleine transformation, la voiture reste le
principal moyen de locomotion et le parc en compte plus de 38 millions. Elle est utilisée par 73% des Français rien que pour aller travailler.
A court, moyen et long terme, occulter la dépollution de la mobilité dans le dispositif de la transition écologique du transport routier est la faille d’une politique vertueuse, sincère et efficiente. Elle se prive d’une solution simple, efficace et peu contraignante pour réduire l’empreinte environnementale du parc automobile.
« 

La deuxième réclamation est l’indemnisation de la perte d’activité liée à des fermetures administratives suite à une catastrophe naturelle. « Quelle entreprise peut résister à l’absence de revenus pendant 2 à 4 mois ? A des degrés différents, près de 10 000 professionnels sont confrontés au problème. Le secteur du lavage est essentiellement constitué d’entrepreneurs indépendants et de franchisés. Ils sont investisseurs exploitants ou constituent leur patrimoine en vue de leur retraite et de leur succession. Ils sont engagés sur des investissements à moyen et long terme et sont aujourd’hui relégués au rang de dommage collatéral, sans plus de considération. Vu comme un mal plutôt qu’une solution, la filière du lavage doit assumer les contraintes d’une situation climatique de crise, pourtant prévisible mais dont les répercussions et les solutions préventives n’ont pas été anticipées. La leçon de cet été doit servir à reconsidérer la gestion de l’eau, à titre préventif et en situation de crise. Dans cette optique, la révision du guide sécheresse s’impose pour clarifier l’information, prendre en compte l’impact du lavage automobile et la consommation réelle des centres professionnels.« 

Commentaires 1

  1. Anonyme says:

    C’est devenu un sport national d’empêcher les gens de travailler…et tous les prétextes sont bons…Covid, sécheresse, économies d’énergie. Les meilleures volontés s’épuisent et l’envie de travailler avec. Notre économie est-elle si florissante pour continuer à prendre des décisions pénalisantes au gré des événements ?

    Répondre moderated

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